mercredi 27 février 2019

Lecture

Un missionnaire ? Lorsque j’ai connu Loïc, dans les années 70, j’étais comme ceux de ma génération, marquée par les révolutions tiers-mondistes, les luttes pour l’émancipation des peuples, et la présence des missionnaires en Afrique me semblait suspecte ou au mieux anachronique. Quelle place ces prêtres pouvaient–ils encore tenir dans des pays tout juste décolonisés ? Comment échapper aux ambiguïtés de la période postcoloniale et au paternalisme de l’homme blanc ? Entre deux séjours en Afrique, Loïc était alors prêtre ouvrier dans la région lyonnaise. Sa simplicité, sa vie ordinaire, son sens de la relation contrastaient avec cette image du missionnaire. Il aimait l’Afrique. Il y avait déjà passé de nombreuses années, rêvait d’y retourner, attendait patiemment que son ordre l’y envoie à nouveau.Il admettait que sa place puisse aussi être là, dans le milieu ouvrier, parmi de nombreux immigrés. J’ai vu un homme de foi qui tenait sa place d’homme au milieu des hommes. Tout simplement, sa foi à l’Évangile, je pouvais y croire, parce qu’elle a le visage de la rencontre, du doute peut-être, de l’amitié. Dans ce récit, Loïc raconte un parcours. Il a connu des échecs et des doutes. Il a pris des responsabilités. Auprès de prisonniers, de jeunes délinquants. Pas de morale, pas de discours, la vie, simplement. La sienne et celle des autres. Et cette histoire singulière s’inscrit dans une histoire du monde, elle est en ce sens bouleversante. Elle ne prétend pas changer le monde. Peut-être a- t-elle changé des vies. Cela reste son vrai mystère. Sa beauté. Préface de Christine Ray
Pour le moment le livre de Loïc De La Monneray est en vente sur Amazon : ICI
avant de pouvoir le trouver dans toutes les bonnes maisons SMA. 
Bonne lecture et bonne découverte

samedi 23 février 2019

Foya

Pour découvrir et apprécier ce qui se passe à Foya au Libéria, Agnès et Jean ont réalisé un film, à regarder et faire circuler tout autour de vous : 



dimanche 10 février 2019

Libéria

Interview du père Eric AKA : smainternational.info et pour compléter une vidéo : 



En tant que prêtre missionnaire, l'un des éléments clés consiste à trouver une satisfaction dans le travail missionnaire confié à un malgré les défis quotidiens. Cela donne à un prêtre missionnaire quelque chose à quoi se tourner et à quoi aspirer. Récemment, j'ai interviewé le p. Eric Aka sur le même et voici ce qu'il avait à dire ...

Introduction

Je suis Eric AKA, membre de la Société des Missions Africaines. Je suis Ivoirien né dans une famille de 19 enfants dont 2 religieuses. Il va s’en dire que mon père était polygame.

Quand et où avez-vous été ordonné ?

J’ai été ordonné le 8 juillet 2000 en Côte d’Ivoire, à la paroisse St Joseph Epoux, à Abobo gare (Abidjan).

Où avez-vous fait votre première expérience missionnaire ?

J’ai fait ma première expérience missionnaire dans la paroisse Ste Famille (Holy Family Catholic Church) à Guffanti, Vicariat Apostolique de Kontagora, Niger State au Nigeria.

Quels ont été les défis à la fois positifs et négatifs auxquels vous avez été confrontés lors de la mission ?

En 2000, la paroisse de Guffanti était située dans une zone très rurale du Vicariat avec des habitants qui avaient pour activité principale l’agriculture. Elle était composée de 25 communautés villageoises avides de la foi chrétienne. Elles désiraient connaitre et appartenir à l’Eglise catholique car elles refusaient l’Islam. Cet engouement rendait propice la réception de la proposition de la foi catholique. En outre, les parents encourageaient leurs enfants à demander le baptême catholique même si eux ne pouvaient pas le recevoir compte tenu de leur situation matrimoniale. En effet, ils étaient majoritairement polygames. La volonté de nombreux jeunes de participer à l’animation de la vie paroissiale constituait un apport majeur dans la réalisation de la mission. A cela s’ajoute le dynamisme des femmes dans la propagation de la doctrine sociale de l’Eglise. Le désir de solidifier l’unité entre les chrétiens et de contribuer au développement de leurs villages constituaient aussi un défi positif.

L’absence des services publics de base, l’insuffisance des moyens financiers, l’analphabétisme, l’insuffisance du nombre de catéchistes et de prêtres et l’état défectueux des pistes étaient les grandes difficultés de cette mission.


Qu’est-ce qui vous a poussé à continuer malgré les défis ?

Ma foi en Jésus me permet de rejoindre les personnes dans leur désir quotidien d’améliorer leur condition de vie. Dieu, à travers Jésus, nous rejoint pour faire route avec nous. Cette présence me permet de faire face aux difficultés en cherchant des solutions. C’est justement les difficultés rencontrées dans cette mission qui m’ont emmené à faire un Master en Ingénierie de Développement Local et en Projet de Coopération.

L’autre raison qui m’a poussé à continuer est mon grand désir de faire connaitre la richesse que représente Jésus pour l’humanité. A cela s’ajoute le sens de la responsabilité. L’évêque m’a confié cette mission. Je suis au service d’une population désireuse. Je ne vais pas abandonner cette responsabilité à la moindre difficulté.


Où êtes-vous actuellement en mission ?

Présentement, je suis en mission dans le Comté de Lofa, au Libéria. Certes je réside à la paroisse St John Vianney à Foya mais j’ai la responsabilité des communautés catholiques de tout le comté de Lofa.

Quelle est la différence entre ce que vous faites maintenant et ce que vous avez fait précédemment ?

Le Libéria est un pays qui a connu 14 ans de guerre civile et en 2014 la grande épidémie Ebola. Cela laisse des traces dans les mentalités et les attitudes. L’approche dans la proposition de la foi catholique n’est pas pareille que celle faite quand j’étais au Nigéria ; les circonstances n’étant pas les mêmes.

Le Libéria est un pays en reconstruction tant en infrastructures qu’en ressource humaine. L’Eglise catholique accompagne l’Etat dans cette reconstruction. A mon niveau, je suis très investi dans l’appui aux dynamiques locales.




Quels défis rencontrez-vous dans votre nouvelle mission ?

Le Comté de Lofa est le deuxième au plan géographique et le troisième au nombre d’habitants. Il compte 5 paroisses éparpillées de part et d’autre du Comté. Je suis à 4h de route de la plus éloignée. Je suis le seul prêtre à servir toutes ces paroisses qui ont, elles aussi, des communautés catholiques répandues dans les villages. Je suis assisté dans ma tâche par des catéchistes, un diacre SMA, 4 religieuses et une laïque missionnaire. Depuis Novembre 2018, j’ai été rejoint par un prêtre de la province d’Italie pour une expérience d’un an. Tout ceci pour décrire le manque énorme de personnel tant au niveau des catéchistes, des religieuses, des laïques missionnaires qu’au niveau des prêtres.

Ensuite l’accompagnement de la volonté des populations à s’impliquer davantage dans le développement de leur cadre de vie et de participer dans les instances de décision représente un des défis majeurs à relever. Avant les périodes troubles qu’a connues le Libéria, le Comté de Lofa était considéré comme le grenier du pays. Actuellement un effort est fait par les habitants pour redorer ce blason. Toutefois leur seule volonté ne suffit pas. Ils ont besoin d’appui financier et technique. La réponse à ce besoin constitue un défi. Le manque de personnel qualifié dans différents domaines est un obstacle au développement du Comté. Il y a nécessité de former les jeunes et même les adultes.

Enfin, je suis confronté à l’épineux problème de moyen financier. En effet, la population de Lofa est majoritairement agricole à faible revenu. Je dépends entièrement de l’aide extérieure. Par conséquent il se pose le défi d’autonomisation financière des différentes paroisses de Lofa. Un dispositif est mis en place à Foya en vue de relever ce défi.


Quelles sont les attentes des entités d’envoi et de réception concernant votre mission actuelle ?

Une des attentes des entités concernant la mission actuelle est le renforcement de notre présence SMA dans cette partie du Libéria afin que cette aventure ne repose pas sur moi seul.

Comparé à votre mission précédente, trouvez-vous satisfaction et accomplissement dans ce que vous faites ?

Dans ma mission actuelle je serai satisfait et accompli lorsqu’il y aura une équipe de prêtres SMA à Lofa. La SMA à travers ses Conseils pléniers a fait du Libéria une priorité. Je suis reconnaissant envers les entités qui envoient certains de leurs membres au Libéria. Il en faut d’avantage.

Pensez-vous que la SMA et sa mission sont toujours d’actualité ?

La SMA s’est donnée comme mission la première l’évangélisation de l’Afrique et des peuples d’origine africaine. Le pape St Jean Paul II disait qu’il n’y a pas d’évangélisation sans développement intégral de l’Homme. Pour répondre à la question de la pertinence de la SMA et de sa mission aujourd’hui, nous devrons avoir comme indicateur le développement intégral des habitants des pays où nous sommes présents en Afrique. Force est de constater que nous sommes loin en dessous de cet indicateur. Tant que la SMA ne l’a pas atteint sa mission reste d’actualité. Elle peut appuyer les diocèses africains dans l’accomplissement de cette mission.

En outre elle peut proposer son expertise aux Eglises d’Europe et d’Amérique dans le cadre de la nouvelle évangélisation de ces continents. Elle peut aider ces Eglises à mieux répondre à la présence africaine en leur sein.


Alors que la SMA se prépare à l’Assemblée générale, que souhaiteriez-vous voir se produire dans la SMA en général ?

Je souhaite voir une plus grande solidarité dans la SMA tant au niveau financier qu’au niveau des ressources humaines. Que tous se sentent membres d’une même famille et que certains arrêtent de tirer les ficelles vers leurs seuls intérêts au détriment de l’ensemble.

                                                                                                                                    par Dominic Wabwireh, SMA

jeudi 31 janvier 2019

Porte monnaie

Epargner et préserver le climat, c’est possible !


Le fonds commun de placement « CCFD-Terre Solidaire Faim & Climat » est un nouvel outil financier disponible dans toutes les banques. Il propose à celles et ceux qui veulent donner du sens à leur argent de souscrire à un produit d’épargne solidaire en faveur de la transition écologique, économique et sociale.

En ce début d’année 2019, où la transition agro-écologique et la justice climatique sont au cœur de nos actions, nous continuons à innover dans le domaine de la finance solidaire avec le lancement de « CCFD-Terre Solidaire Faim & Climat ».
Patrick Saurat, trésorier du CCFD-Terre Solidaire explique :
« Ce nouveau fonds de partage permettra à des investisseurs avisés et responsables de donner un sens très concret à leurs placements en favorisant les entreprises impliquées dans la transition écologique ».
Les investissements du FCP regroupent des activités considérées comme « écoresponsables » : énergies renouvelables, transport et agriculture propres… D’autres secteurs sont exclus : extraction et exploitation des combustibles fossiles, filière nucléaire, incinération des déchets.
Le FCP « CCFD-Terre Solidaire Faim & Climat » est disponible dans toutes les banques et pour toutes les personnes physiques et morales. Il permet aussi de reverser 50 % des revenus annuels du placement sous forme de don pour soutenir les missions du CCFD-Terre Solidaire.
Patrick Saurat précise :
« Il permettra aussi d’aider nos organisations partenaires du Sud, déjà largement affectés par les effets négatifs du réchauffement climatique, dans leur effort d’adaptation ».
« CCFD-Terre Solidaire Faim & Climat » est en cours de labellisation par Finansol et par le label Transition Energétique et Ecologique pour le Climat (TEEC). Le label Finansol garantit aux épargnants qu’ils contribuent au financement d’activités d’utilité sociale. Le label TEEC confirme l’orientation des investissements vers le financement de la transition écologique et énergétique.
pour en savoir plus

samedi 19 janvier 2019

Bénin



Le syllabaire du dan oriental


Bonjour à tous et à toutes


J'ai passé très peu de temps chez moi dans le courant de l’année 2018. Voici quelques points forts parmi mes multiples péripéties…

En juin, j’ai fait une communication à l’Université de Brest à propos d’une expérience menée en 2017 sur l’orthographe du dan oriental, une langue ivoirienne. J’ai été bien très accueilli par Brigitte (la sœur de Pierre Ménard) et Hervé, et j'ai également eu l’occasion de passer du temps avec mon
« fils » togolais, Mahébena, qui, après une longue période de recherche d'emploi, travaille maintenant comme agent de sécurité pour subventionner ses études de doctorat.




Plus récemment, j’ai appris la surprenante nouvelle que les alphabétiseurs en langue dan ont opté pour une réforme radicale d’orthographe, qui ne prend pas en considération mes recherches. La transition d'un système vers un autre entraine de lourdes conséquences : elle nécessite la réimpression de toute la littérature existante, dont le Nouveau Testament, ainsi que l’élaboration d’un
programme d’alphabétisation destinés aux lecteurs voulant apprendre le nouveau système…

Le Nigeria est un véritable eldorado linguistique, abritant non moins d’un quart des 2000 langues de l’Afrique, dont plus de la moitié n’ont jamais été étudiées. En novembre, j'ai élaboré et enseigné un cours sur le développement des orthographes au Theological College of Northern Nigeria à Jos destiné aux étudiants en maîtrise représentant huit langues : le bwaatiye, l’eloyi, le jenjo, le kuce, le pyam, le zaar, le bura et le mwaghavul. Comme tous parlent couramment le haoussa, l'anglais – la langue d'enseignement – est leur troisième, voire leur quatrième langue.

En plus des travaux sur leurs propres langues, les étudiants ont étudié les orthographes de dix autres langues nigérianes, afin d’en tirer des leçons sur les succès et les échecs ailleurs. Sans doute l’exemple le plus frappant est le kaje, avec son répertoire gourmand de 94 consonnes. Comme l’ont remarqué les étudiants : « C’est génial, maintenant on sait qu’on n’est pas les seuls à avoir du mal à écrire nos langues : c’est le même défi partout ! » Voici quelques-unes des questions auxquelles on s’est affronté pendant le cours :

• Dans une langue à neuf voyelles, comment surmonter la réticence des nigérians à écrire des lettres autres que les cinq voyelles anglaises, a e i o u, qu’ils ont apprises à l’école ?
• Dans une langue donnée, comment s’assurer que chaque son est représenté par un seul symbole, pour éviter les pièges des langues comme le français où le son k s’écrit de façon différente dans case, chaos, quand, kayak …
• Comment symboliser la voyelle centrale ɨ dans un contexte musulman où les gens rejettent ce symbole comme étant trop similaire à la croix chrétienne ?

avec mes étudiants à Jos

En septembre, j’ai soumis à l’éditeur le manuscrit de notre livre sur l’orthographe du ton. C’est l’aboutissement d’un projet de recherche de quatre ans qui impliquait une collaboration entre six chercheurs dans cinq pays (la Côte d’Ivoire, le Togo, le Bénin, le Nigeria et le Cameroun).
L'année 2018 m'a également amené à Lyon, à Paris, à Besançon, en Angleterre, au Bénin et en Pologne, sans oublier Lomé, la ville capitale du Togo, en amont et en aval de chaque voyage international. L’année à venir s’annonce comme tout aussi itinérante que la dernière. C’est pourquoi je me réjouis de pouvoir passer six semaines chez moi avant de refaire mes valises.

Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2019. Bien fraternellement,
David





Je suis entièrement dépendant de la générosité des donateurs pour effectuer mon travail en Afrique. Si vous voudrais contribuer, merci de libeller votre chèque à l’ordre de « SMA » et de l’expédier à « Missions Africaines Partage, 150 cours Gambetta, 69361 Lyon Cedex 07 » en précisant que le don est à l’attention de David Roberts (FLM). Vous pouvez demander un reçu fiscal vous permettant d’obtenir une déduction fiscale. N'hésitez pas à me faire savoir si vous ne souhaitez plus recevoir cette lettre de nouvelles.